Ce qui était prévu…

Je la voulais nue, d’entrée. Un gage d’obéissance et de soumission à mes pulsions contrôlées. Une marque de confiance, également. Ce n’était pas ma première fois ; je découvrais une angoisse nouvelle, celle de mon impatience qui l’emmènerait trop loin, trop tôt. Singulière, si particulière que je serais allé partout avec elle si elle n’avait pas voulu emprunter mon chemin, mais je la voyais si belle au bout de la traverse…

Elle se déshabilla élégamment, pas à pas, m’offrant la cambrure de son dos, portée sur ses escarpins. Ses mains flottaient dans l’air tandis que ses cheveux balayaient sa nuque. Mes yeux se perdait du haut vers le bas, n’ignorant rien de ses chevilles à ses fesses, rien, de ses salières de Vénus à son doux visage à peine tournée vers moi. Je l’inondais de mes caprices quand elle inondait mon esprit ; submergé, je respirais en apnée. Je la suivais dans le reflet de mon miroir, elle ne me voyait pas.

Elle garda sa culotte comme on garde le contrôle sur ce qui nous échappe. Elle semblait ambivalente, bordée d’un doute mais ceinturée par une audace si vive, qu’elle ne pouvait faire marche arrière. Elle passa devant la petite table sur laquelle j’avais déposé autour d’une bougie, un masque, un collier, et une laisse. Elle marqua un temps d’arrêt, le temps d’une inspiration ; le masque enfilé, elle souffla sur la bougie. Elle reprit sa marche, appuyant gracieusement ses talons sur le sol, comme une muse chante son arrivée au poète. J’étais déjà là, prêt à la conter aussi belle que le beau.

A peine avait-elle franchi l’encadrement de la porte que je me saisissais de sa main, et la plaquait, son corps entier, contre le mur, son dos contre mon torse. Mes lèvres sur son cou, je l’assaillais de fermes reproches quant à ses manquements sur son entrée, et d’une voix me confiant la conduite, elle se justifiait bien que ses manques n’avait exhibé aucun faux-pas. Elle n’était pas rebelle pour la rébellion, juste fidèle à ses instincts. Je rêvais que son instinct la rende chienne, mienne, ma chienne, l’espace d’un apprivoisement. Prisonnier de son corps et de son esprit, je failli perdre pied de notre premier peau à peau, giflé, par sa concupiscence.

« Mets-toi à quatre pattes ». Elle s’exécuta, creusant son dos d’un si beau dessin que le sang de ma verge ne fit qu’un tour. J’en oubliais le collier et la laisse qui aurait dû la conduire jusqu’au lieu de nos badinages passés, là où à présent, nous quitterions le virtuel pour de vrai. Il fallait la voir, marcher à quatre pattes, sa joliesse, ses fesses, et mon sexe désormais hors de lui. Une pomme, à croquer.

Je l’attrapai fermement par les cheveux et l’attirai vers mes lèvres. L’impatience et ce désir que les mots ignorent me commandait de goûter sa peau, son intime. Et sans lâcher prise, joignant la parole – « suce-moi »  – au geste, j’empalai sa bouche délicieuse sur ma queue. Le galbe de ses seins entre mes mains passionnés ; je pinçai ses tétons, toujours un peu plus fort, les tirai vers moi arrachant des soupirs qui semblait me dire que j’étais encore trop tendre et qu’elle voulait me sentir plus encore. Elle deviendrait celle que je voulais, j’en avais désormais la conviction. Je me repris, et me retirai de sa bouche. Je m’installai sur mon siège pour mieux l’observer, la faire mienne.

« Tourne-toi que je vois ton cul. » « Cambre-toi, encore. » « Tes mains sur tes fesses. Écarte. » « Montre-moi ta chatte. » Montre-moi ton cul » « Prépare-toi à me recevoir, je vais te baiser. Ta chatte. Ton cul. Je vais te baiser, et tu vas aimer ça. » « Tu seras chienne, salope. » « Ma chienne ».

Elle devint chienne dès l’instant où entre deux gémissements, elle murmura une plainte à peine audible qu’elle dut s’y reprendre à trois fois pour que je l’entende distinctement : « Le collier. Je veux le sentir autour de mon cou. »

Je lui passai le collier, elle était mienne, j’étais sien. Elle était soumise et je devenais maître dévoué. J’attachai la laisse au collier et je lui glissai à l’oreille : « désormais, je te tiens ». J’étais son intuition, sa liberté. Le poids de sa lubricité entre mes mains, le guide de son éclosion ; il est possible même pour les plus belles plantes, de redevenir bourgeon, de renaître au printemps. Le printemps, c’était nous, et la saison ne faisait que commencer…

Miroir, mon beau miroir…

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